Pendant près d’un siècle, la demeure de Léopold et de Marcel Mérignargues, située à Nîmes, est restée intacte.
Lieu de vie, lieu de démonstration ainsi que lieu de travail, cette maison-atelier fut un précieux témoignage de la pratique de la sculpture entre 1880 et 1960. Il est d’autant plus remarquable que la mémoire de papier que constituent les archives de la famille a aussi été conservée.
L'histoire d'une maison-atelier
C’est en 1882 que Léopold Mérignargues acquiert la maison rue de la Lampèze à Nîmes. L’habitation de la famille est aménagée à l’étage. Le rez-de-chaussée lui, a été aménagé pour accueillir des espaces de de travail qui servent tout autant d’espaces d’exposition. À la mort de son père en 1916, Marcel hérite de la maison et laisse l’atelier tel qu’il le trouve. Il y rajoute ses propres œuvres lorsqu’il revient emménager à Nîmes à la fin des années 1950. Ses enfants, Gabriel et Marco, laissent à leur tour la maison intacte à la mort de leur père en 1965.
Dans un premier temps, ils oeuvrent pour faire de la maison-atelier un musée, mais le projet n’aboutit pas. Ils contactent alors différents musées de France en vue de leur offrir les oeuvres de leurs ancêtres. Dans cette continuité, un inventaire patrimonial est entrepris en 2017 en vue de garder une trace de l’ensemble des collections : fonds d’atelier, œuvres d’art, meubles…
Plusieurs campagnes de photographies sont également effectuées ainsi que des enregistrements vidéo, avant que la maison-atelier ne soit vendue en 2023.
Aujourd’hui, l’histoire des Mérignargues est préservée par la présence de nombreuses œuvres de Léopold comme de Marcel dans plusieurs institutions patrimoniales en France. Ce sont près de 13 musées qui conservent un morceau de cette mémoire : Roubaix, Poitiers, Mont-de-Marsan, Alès, Beauvais, Bagnols-sur-Cèze, Nîmes (musée des Beaux-Arts et musée du Vieux-Nîmes), Bordeaux, Pont-Saint-Esprit ou encore Nice. La bibliothèque de la maison-atelier est en partie récupérée par la bibliothèque du Carré d’Art à Nîmes. En 2021, la dernière donation, une des plus importantes en termes de nombre, est celle réalisée au château d’Espeyran à Saint-Gilles, qui a pour projet, dans les années à venir, de reconstituer un fonds d’atelier de sculpteur. Enfin, les Archives départementales du Gard conservent le fonds Mérignargues comprenant plusieurs milliers de documents qui renseignent le parcours des deux artistes, l’histoire d’une famille, mais plus largement, l’histoire de la pratique de la sculpture pendant près d’un siècle.
Le saviez-vous ?
La maison-atelier comportait de nombreuses œuvres réalisées par des artistes contemporains des Mérignargues. Œuvres originales ou reproductions en bronze, elles ornaient la salle à manger et les chambres à coucher. Elles faisaient ainsi partie de l’espace intime des deux artistes qui pouvaient s’en délecter hors de l’espace de l’atelier.