Page_Les oeuvres sculptées_V2

Zoom sur une œuvre : le Vide-poches

© Flore César

 

 

Certains objets de la maison-atelier, ne nous sont parvenus que par la photographie. C’est le cas de ce vide-poches en plâtre peint. L’œuvre est plus large à sa base avec une ouverture circulaire ajourée, et en partie inférieure, l’objet comporte deux compartiments en forme de vasques. Ses formes organiques imitent les lignes courbes naturelles des végétaux, caractéristique typique de l’art nouveau, en vogue au début du XXe siècle. A cela s’ajoutent des motifs végétaux tels que des pommes de pin et des aiguilles de pin.

Même si sa fonction première reste inconnue, il est possible d’émettre des hypothèses sur son usage. Par exemple, sa forme, rappelle fortement celles des bénitiers de chevet traditionnels. Cette œuvre témoigne ainsi de la pluralité des usages de la sculpture, et de son imprégnation des “modes” de l’époque.

 

 

Zoom sur une œuvre : les Républiques

© Université de Montpellier Paul-Valéry / Nour Lakehal, Solenn Lemaintec et Lola Schmitt

La statuomanie se développe au XIXe siècle. C’est un phénomène lié par essence à l’idéologie politique et au régime en place. Ces sculptures sont des outils de
consolidation du pouvoir et de la magnificence de l’État. Les Républiques correspondent la naissance de la IIIe République proclamée le 4 septembre 1870. Les allégories de la République de Léopold Mérignargues participent à ce phénomène en ornant des mairies.

L’allégorie de la République est une iconographie récurrente, à l’intérieur comme à l’extérieur des édifices publics. Elle incarne les valeurs républicaines et les idéaux de liberté au sein de l’espace public.

 

 

Zoom sur une œuvre : le lycée Daudet

© Université de Montpellier Paul-Valéry / GUASCO Amandine

La Troisième République est marquée par l’alphabétisation croissante et l’adoption des lois Jules Ferry. Dans ce contexte, l’enseignement devient une priorité. Cela se traduit par une politique éducative mais également par une intention particulière portée à l’architecture des bâtiments scolaires. Conçus pour refléter des idéaux républicains, ces édifices adoptent souvent un décor inspiré de l’Antiquité, et intègrent des allégories.

 

En 1887, l’artiste reçoit une commande de la ville de Nîmes afin de réaliser le décor de la façade du Lycée Daudet. Il travaille alors en collaboration avec l’architecte Auguste Augière (1859-1925). La nouvelle façade du lycée s’inscrit dans le contexte et les idéaux de la Troisième République symbolisée par le sigle RF. La composition réalisée par Léopold Mérignargues s’intègre dans un décor structuré autour d’un arc en plein cintre composé de treize blocs de pierre sur lesquels sont sculptés des animaux représentant les signes du zodiaque, et un bloc avec un décor végétal. L’arche est supportée par des colonnes corinthiennes.

 

Zoom sur une œuvre : la Série des Nina

La série des Nina est composée de quatre sculptures représentant des têtes de nourrissons, ainsi que d’un moule dit à bon-creux. Il s’agit de quatre rondes-bosses, deux sont en plâtre moulé et les deux autres en terre cuite. Cette série illustre un point important dans le rapport de Marcel Mérignargues à ses œuvres, qui est notamment justifié dans une note manuscrite de l’artiste en personne. Nous pouvons y lire entre autres « Tout doit être longuement, mûrement, passionnément pensé ». Cette phrase éclaire le processus de création du sculpteur et permet de mieux comprendre les œuvres de cette série. 

© Flore César

Zoom sur une œuvre : Eve et le serpent

© La Piscine / Alain Leprince

Le groupe sculptural Ève et le serpent (1936) de Marcel Mérignargues conjugue un modèle iconographique traditionnel à une inspiration artistique résolument moderne. S’inscrivant dans la représentation classique d’un sujet biblique, l’œuvre explore néanmoins des questionnements contemporains liés à l’art, tels que la danse rythmique, la musique et l’observation attentive de la nature.

Zoom sur une œuvre : le monument aux morts d’Alès

Les bas-reliefs du monument d’Alès renvoient à des scènes de bataille poignantes et intenses, avec un accent mis sur la dureté de la situation, se traduisant par un réalisme des représentations, que ce soit au travers des attitudes ou des expressions des figures. Les douleurs de la guerre sont dépeintes d’une manière crue, ni filtrée ou embellie. La sculpture est intéressant car elle se détache d’une vision triomphante qu’il est possible d’observer dans d’autres monuments.

© Collection privée

Zoom sur Aïtes ou le bien aimé

© CNMN

Aïtes ou le bien aimé est une œuvre de Marcel Mérignargues, réalisée en 1913 pour le concours de la fondation Chenavard. Elle fut gratifiée du troisième prix dans la catégorie sculpture.
De nombreuses photographies représentant les étapes de création de cette sculpture ont été retrouvées dans les archives de la famille. L’absence de datation ne permet pas de classer chronologiquement les étapes, toutefois l’apparence de l’œuvre permet de les supposer.

Zoom sur l'Ecorché au bras levé de Houdon

© Université de Montpellier Paul-Valéry / Alexandre Eliazord et Dana Ponce

Comme chez beaucoup de sculpteurs aux XIXe et XXe siècles, de nombreux modèles et moulages d’œuvres célèbres sont présents dans l’atelier des Mérignargues. L’Écorché d’après le modèle de Jean-Antoine Houdon en fait partie.

 

En 1766, Jean-Antoine Houdon (1741-1828) reçoit du procureur général français de l’ordre des Chartreux la commande de deux statues : Saint Jean-Baptiste et Saint Bruno. Pour la statue de Saint Jean-Baptiste, Houdon réalise une étude préparatoire : un écorché à échelle humaine. Ces études approfondies lui permettent de représenter la musculature humaine avec un réalisme saisissant.  Houdon a lui-même réalisé plusieurs versions de cet Écorché au bras tendu.

 

Les académies valorisent un réalisme rigoureux, nourri par la connaissance anatomique. Des moulages en modèles réduits de cette œuvre très répandue sont, ainsi, souvent présents dans les ateliers d’artistes. L’artiste doit maîtriser le corps humain à la perfection.

Zoom sur le buste de Valentine

© Université de Montpellier Paul-Valéry / Alexandre Eliazord et Dana Ponce

Le travail artistique de Marcel Mérignargues inclut une large part de bustes et de portraits. Portraitiste pour le musée Grévin, puis portraitiste officiel du boxeur Georges Carpentier (1894-1975), Marcel Mérignargues réalise des bustes, tant dans le cadre de commandes qu’à titre personnel. L’artiste puise l’inspiration dans son entourage, utilisant son père et son épouse, Valentine Mérignargues, comme modèles pour des bustes.

 

L’œuvre montre le rôle central de l’entourage proche dans l’inspiration de l’artiste, mais également sa volonté de saisir l’essence de son modèle. L’approche de Marcel Mérignargues met en avant l’importance de la représentation de l’intériorité, insufflant ainsi une nouvelle dimension à son art.

Aller au contenu principal