OLDLa reproduction & la copie

Plusieurs œuvres de la maison-atelier questionnent la frontière entre reproduction et copie. Le buste de L’Enfant Rieur, dont un exemplaire était présenté dans la salle à manger, en est un exemple significatif.

Au cours des siècles, des moulages ont été réalisés ou recherchés par des collectionneurs, ainsi que des ateliers et des académies. En effet, les moulages ont connu des fonctions très diverses. Ils rendent compte de la fortune d’œuvres, tels les modèles antiques dont le moulage permettait de pallier la rareté. Le moulage a aussi été utilisé dans le cadre de l’enseignement, des figures d’écorchés ou des modèles reconnus pour la culture artistique des élèves.


La reproduction

Elle vise à multiplier les exemplaires d’une œuvre existante. Dès 1794, l’atelier de moulage du musée du Louvre a pour mission de diffuser des reproduction en plâtre de ses œuvres.

En tant qu’ornemaniste, Léopold Mérignargues a créé des modèles originaux d’ornements sculptés : les motifs sont reproduits et intégrés dans différents décors d’intérieur. En sculpture, ce procédé peut impliquer l’usage répété du moulage et du surmoulage comme l’atteste la production artistique des Mérignargues. Marcel use de ce processus créatif, reproduisant une œuvre afin d’en corrigé le détail.

La copie

La copie désigne l’imitation rigoureuse d’une œuvre originale.

Étape essentielle de la formation, elle permet à l’artiste de travailler son œil et d’entrainer sa main  en apprenant à connaître les grands maîtres. La maison-atelier des Mérignargues présentait de nombreuses copies d’œuvres considérées comme des modèles à suivre.

Zoom sur une œuvre : Le buste de l'Enfant rieur

Dans l’atelier des Mérignargues, une reproduction d’un buste d’enfant de Donatello (1386-1466), un des grands maîtres de la Renaissance italienne, a été retrouvée. Cette reproduction qui appartenait aux Mérignargues a dû être achetée à un atelier de moulage, comme le laisse penser le numéro inscrit en partie inférieure.

L’utilisation du moulage est documentée depuis l’Antiquité, à travers le témoignage de Pline l’Ancien qui évoque le moulage d’un visage humain et pour la reproduction de statues.
Appliquée à différents domaines, cette technique est utilisée pour les arts comme pour les sciences. Le XIXe siècle marque une période importante dans l’évolution du moulage, durant laquelle la question de la reproduction prend une nouvelle ampleur. L’avènement de la société industrielle bouscule les sciences et les arts, alors que de nombreuses inventions touchent directement aux pratiques artistiques, telles que le moulage et la sculpture.

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Ici L’Enfant Rieur semble être une reproduction de l’œuvre originale conservée au musée de Vienne, mais pourrait tout autant être la reproduction de la copie très fidèle réalisée par Desiderio da Settignago (vers 1430-1464). 

Avec ses représentations sculptées d’enfants enjoués et potelés (des putti) Donatello a insufflé une spontanéité et une légèreté à la figuration de l’enfance. Cette même vivacité est rendue ici. 

Le carton-pierre, développé au XIXe siècle, est un matériau composé d’un mélange de carton  et de poudre de pierre. Cette combinaison permet d’imiter l’apparence et la texture de la pierre à moindre coût pour l’artiste et pour l’acheteur.

La patine jaunâtre recouvrant l’ensemble de la sculpture pourrait être un agent de surmoulage apposé par Marcel pour reproduire l’œuvre. Son portfolio présente en effet une photographie d’un buste similaire intitulé « étude d’après Donatello », réalisé en 1902, exemplaire qui n’a pas été retrouvé.

 

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