Le dessin, pour un sculpteur, est une étape indispensable dans le processus de création puisqu’il sert à coucher sur le papier les premières idées. Il est un passage obligatoire à la fois dans la formation et dans l’atelier de l’artiste dans la mesure où il lui permet de visualiser la composition générale de l’œuvre en train d’être créée. Le sculpteur peut faire le choix de représenter l’intégralité de celle-ci, ou seulement des parties tels que pieds, mains, expressions faciales.
La maison-atelier nîmoise comporte une maquette réalisée par Marcel Mérignargues pour un monument aux morts. Cette maquette est accompagnée d’un dessin préparatoire figurant un soldat agonisant en position agenouillée. Marcel a vécu le traumatisme de la Première Guerre mondiale et traduit sans doute l’horreur de son propre vécu. Ce dessin préparatoire est une manière pour Marcel de s’assurer que son projet est réalisable, car la sculpture étant un art tridimensionnel particulièrement difficile et ambitieux, elle n’autorise pas d’entreprendre une production finale sans préparation. Ainsi, le dessin répond aux premières questions majeures que se pose le sculpteur sur la matérialisation de son idée.
La grande quantité d’études présentes dans l’atelier familial traduit ce long processus créatif et rend compte du cheminement de la pensée de l’artiste. Ainsi, le dessin demeure indispensable pour les artistes, en particulier les sculpteurs, pour lesquels il s’avère être le premier pas vers l’œuvre définitive.
Zoom sur une œuvre : Le lycée Daudet
En 1887, Léopold Mérignargues reçoit une commande de la ville de Nîmes afin de réaliser le décor de la façade du Lycée Daudet. La composition ornementale réalisée par l’artiste s’intègre dans un décor structuré autour d’un arc en plein cintre composé de treize blocs de pierre sur lesquels sont sculptés des animaux représentant les signes du zodiaque, et un bloc avec un décor végétal. L’arche est supportée par des colonnes corinthiennes. Deux dessins préparatoires, conservés dans sa maison-atelier, offrent un éclairage sur le processus de création de cette composition.
Les dessins préparatoires illustrent un décor qui entoure deux allégories. Sur le premier dessin la présence des ombrages permet d’imaginer les futures perspectives, tandis que sur le second dessin, les tracés sont plus net et la perspective moins mise en avant. Seuls les abaques ainsi que l’amphore sont dessinés en perspective. Dans la composition finale, tous les éléments sont sculptés en bas ou haut-reliefs, y compris le sigle RF, qui, dans le second dessin, apparaît en deux dimensions. De nombreux éléments du premier croquis ne sont pas conservés dans la composition finale