Il n’y a pas d’art plus difficile et plus profond que l’art du portrait. Il faut être non seulement un peintre, mais encore un psychologue et un poète pour traduire son âme et ce que son âme diffuse sur une physionomie, de marques intellectuelles. Choses insaisissables à bien des yeux. La fantaisie et l’imagination ne peuvent plus vagabonder en liberté, elles doivent pénétrer dans les rêves du modèle et s’assimiler sa vie, son esprit, ce qu’il y a d’intime et de caché derrière ce mur épais et terrible qu’est le front d’un homme.
– Marcel Mérignargues
Le portrait en ronde-bosse
Le portrait en buste
Depuis la Grèce antique, la représentation en buste est une constante de la production sculpturale à travers les âges. Rattaché au genre du portrait, un buste est une sculpture où seule la partie supérieure du corps humain est représentée. Le choix des parties du corps représentées, comme les dimensions du portrait, est important pour rendre l’expression du sujet : le buste peut être interrompu aux épaules ou intégrer une partie du torse. Le buste demande une grande technicité de la part du sculpteur qui se doit de reproduire le personnage de la manière la plus fidèle possible.
Dans la collection des Mérignargues, les bustes sont omniprésents, et notamment les portraits intimes. Le buste de l’épouse de Marcel, Valentine Mérignargues, est l’une des réalisations les plus intéressantes dans la mesure où elle conjugue virtuosité de la sculpture et audace picturale : le travail du modelage est réhaussé d’une fine polychromie. La minutie de Marcel Mérignargues renvoie la part essentielle du travail d’observation de la nature et des modèles. Les nombreux dessins préparatoires pour le buste de Valentine Mérignargues suggèrent l’importance systématique du travail préalable de la part de l’artiste.
Le saviez-vous ?
Sur le visage de Valentine, la rougeur des pommettes ou le violet du fard à paupière participent au réalisme de la figure et de la même façon accentue sa féminité. La précision de la polychromie permet à l’artiste de restituer la vitalité et la présence du modèle.
L’intérêt porté au visage humain par Marcel Mérignargues transparaît dans ce buste fidèle de sa compagne, véritable hymne naturaliste à la beauté féminine.
Le médaillon naît pendant la Rome antique et désignait des objets destinés à commémorer des événements importants. Il réapparaît ensuite à la Renaissance. Les représentations en médaillons sont ainsi très souvent inspirés des codes iconographiques de l’Antiquité et confère une certaine importance symbolique au modèle représenté.
Portrait d'un maitre et son père
Le médaillon de Léopold Mérignargues par son fils Marcel, reprend ces codes antiques avec par exemple son nom gravé sur la droite et son titre sur la gauche. Ce médaillon reflète ainsi à la fois l’admiration que Marcel pouvait porter envers son père, mais pouvait aussi témoigner des liens qui les unissaient. Sa volonté d’être fidèle à la réalité, se lit à travers la finesse de ses traits et la façon dont son modèle est représenté, puisque Léopold posait souvent de profil lorsqu’il se faisait photographier. Ainsi, une grande attention aux détails sous toutes leurs formes est présente, caractéristique du genre du portrait.